Apprendre le français, ou la théorie du cassoulet

L'apprentissage du français et la maîtrise de son orthographe sont réputées difficiles, sinon insurmontables par bien des expatriés et même des natifs francophones. Il est heureusement une façon de transformer le problème en plaisir: cela passe par une certaine disposition de l'esprit, mais aussi par une pédagogie spécifique, adaptée à "l'apprenant". Et en la matière, pour le français comme pour le cassoulet, toutes les boîtes ne se valent pas.

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Une démarche viscéralement personnelle

Quand un adulte décide de s'atteler à la maitrise d'une langue, il doit veiller à s'accorder le temps qu'il faut (sur la durée), à s'impliquer à fond (œillères et écouteurs de rigueur), mais aussi à accepter qu'il n'a plus rien de l'élève qu'il était. Que, par conséquent, les techniques de jadis ne sont plus forcément adaptées ni même compatibles avec son quotidien d'actif. Ce travail à faire sur soi-même, que très peu d'établissements ou de formateurs ne prend la peine d'expliquer, est terriblement ingrat. En gros, il consiste à renoncer à ce que l'on a connu pour appréhender un enseignement différent, a priori éprouvé et contrôlé. Si le formateur propose une activité "ludique", c'est forcément dans une logique pédagogique, et non pour juste passer un moment récréatif.

L'investissement personnel correspond à plus de 60% du succès d'une formation. L'autre part serait le fait du formateur. Cette proportion peut surprendre, tant il est facile de s'enlever la responsabilité de sa progression. C'est bien à l'apprenant de faire ce qu'il faut pour que le vocabulaire, la grammaire et la poésie de la langue infiltrent ses pensées.

Ce n'est pas parce qu'il y a d'autres clients dans le magasin, qu'il faut choisir son cassoulet à la va-vite.

Une approche pédagogique inégale

Une école de langues a généralement l'objectif de contenter ses *clients*. Pour que ceux-ci deviennent des étudiants épanouis, elle développera des trésors de créativité pour les mettre dans les meilleures conditions possibles pour un apprentissage - naturellement - rapide. Personne ne veut passer dix ans de sa vie à apprendre à parler parfaitement sans accent.

Certaines écoles tablent sur la répétition et la pratique orale (celle que tout le monde espère), d'autres, plus classiques, inculquent les règles et veillent à la parfaite maîtrise des fondamentaux (c'est efficace, mais pas sexy). Une théorie en vigueur est que l'on apprend en faisant - learning by doing - et que, tel Monsieur Jourdain, mieux vaut pratiquer sans s'en rendre compte. En réalité, cela fait plus de 50 ans que l'on cherche la meilleure façon de transmettre les outils linguistiques, grâce à la technologie. Donner aux étudiants des buts dans leur apprentissage est déjà un bon début.

Il est capital de savoir ce que l'on compte faire de son cassoulet : le servir à des amis ou le garder pour un jour de pénurie.

L'argent comme démotivateur

L'offre en écoles de langues, de surcroît à Genève, ville internationale, est aussi riche qu'un rayon de supermarché. Il s'agit pour les futurs étudiants de choisir en connaissance de cause, tant le contenu du programme que l'esprit de l'établissement. Tout cela au regard du coût de la formation. Les tarifs tiennent parfois du spectaculaire et s'expliquent forcément, d'une façon ou d'une autre. Un tarif élevé peut démotiver, un cours très peu cher également. Choisir en fonction du seul prix est l'assurance de se planter. Acheter, d'accord, mais quoi, finalement ?

Le plus souvent, pour faire son choix, l'étudiant se sentira désorienté, ne pouvant se raccrocher qu'à trois éléments indépendants:

  • le site web de l'école
  • la réputation de l'institution
  • le bouche-à-oreille

L'étudiant doit être conscient d'acheter un service et que, contrairement à un salon de coiffure capable de tout avec vos cheveux, une école est également un interlocuteur. Dès lors, il ne s'agit pas de négocier avec elle un rabais, mais de simplement se renseigner précisément sur sa politique/sa charte, le cours qui nous intéresse et la finalité même de la formation. Cet effort similaire à la lecture des ingrédients de notre boîte de cassoulet a quelque chose de fastidieux, certes. C'est pourtant la meilleure façon de savoir "à quelle sauce on sera mangé". De même que les conservateurs et les additifs peuvent être nocifs à l'organisme, un cours de langue sans fil conducteur peut être une pure perte de temps !

 

La clef : l'exigence

Comme dans bien des domaines, c'est l'exigence de la qualité qui va primer. C'est la seule clef du succès. Beaucoup le pressentent, autant préfèrent l'ignorer. Il est des boîtes de conserves sans goût et à bas coût qui sont servies à la table de restaurants fréquentés (Cf le lien ci-contre).

En tant que client, l'étudiant de français est en droit de demander :

  • Les ingrédients de sa formation (ce qu'il apprendra)
  • Le nom et la technique du chef (comment il l'apprendra)
  • De la rigueur et de la joie (pendant et après le repas)

Que l'ardeur mise dans la préparation se retrouve au moment de la dégustation.

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